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8 février 2008 5 08 /02 /février /2008 17:42
Je dois tout d'abord m'excuser de mon absence....  une jolie grippe myringite suivie d'un otite (que je soigne encore) m'ont clouée au lit ces derniers jours... Mais cela m'a permis d'apprécier quelques lectures que je m'en vais vous narrer ! :)

Le Joueur d'échec de Stefan Zweig au Livre de Poche

JoueurEchec_2253057843.jpg Qui est cet inconnu capable d'en remontrer au grand Czentovic, le champion mondial des échecs, véritable prodige aussi fruste qu'antipathique ? Peut-on croire, comme il l'affirme, qu'il n'a pas joué depuis plus de vingt ans ?
Voilà un mystère que les passagers oisifs de ce paquebot de luxe aimeraient bien percer. Le narrateur y parviendra. Les circonstances dans lesquelles l'inconnu a acquis cette science sont terribles. Elles nous reportent aux expérimentations nazies sur les effets de l'isolement absolu, lorsque, aux frontières de la folie, entre deux interrogatoires, le cerveau humain parvient à déployer ses facultés les plus étranges.



J'avais je l'avoue pas mal d'a priori sur un livre parlant des échecs. Mais j'ai trouvé ce livre chez Emmaüs et j'ai toujours été tenté par Zweig donc je me suis lancé dans l'aventure. (à peu de rique puisque le livre fait 94 pages en poche)

Et bien, je me suis faite littéralement happée par cette histoire d'échec !
Tout d'abord par le célèbre Czentovic et son étrange don pour ce jeu. Lui, qui est à peine capable de logique, est devenu rapidement le champion du monde dans le domaine des échecs. Ensuite, celui de Monsieur B... Ce personnage intervient à un moment de tension : en pleine partie ! Et il semble avoir une connaissance impressionnante du sujet. Ce personnage nous livre ses secrets, le secret de ses connaissances. Il nous décrit la guerre, son enfermement, sa passion du jeu devenu schyzophrénie...
L'écriture de Zweig nous entraîne dans une lutte sans merci. J'ai adoré me laisser porter et entraîner dans ces mystères !

zweig09.jpg
Il est judicieux de rappeler quelques faits sur Stefan Zweig.
Il est né en 1881 à
Vienne en Autriche. Il est pacifiste. Amis notamment de Romain Rolland et de Sigmund Freud, il est parfaitement bilingue et traduit beaucoup d'oeuvres (Rimbaud, Baudelaire, Verlaine...). Il écrit également beaucoup de biographies.
En 1934 Zweig fuit l'Autriche pour l'Angleterre à cause de persécutions antisémites. En 1941, il s'installe au Brésil d'où il écrit Le Joueur d'échec, dernière nouvelle publiée de façon posthume. Il se suicidera peu après avec sa femme.

En effet, Czentovic se transforme peu à peu en bourreau, jouant chaque coup à intervalles réguliers pour mieux ébranler son adversaire. Cela nous rappelle l'interrogatoire que les nazis ont fait subir à Monsieur B. En ce sens, on pourrait dire que la lutte qui a lieu sur l'échiquier est celle du nazisme contre l'humanisme aristocratique. Et la défaite de Monsieur B. comme l'écroulement des valeurs auxquelles croyaient Stefan Zweig lui-même.
         Etude de la nouvelle par Michel DESMEDT
Retrouvez l'avis d'Allie qui l'a aussi aimé !

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commentaires

Math 17/02/2008 19:18

Je me souviens d'avoir moi aussi passé un très bon moment à la lecture de ce livre!En lisant ta note, je repense aussi à Novencento de Barrico, petit mais très bon aussi, si ça te tente…

Karine 10/02/2008 02:08

J'ai moi aussi adoré cette nouvelle!  On se sent happés par ce tourbillon fou!

nicolas 08/02/2008 22:51

Je l'ai lu il y a très longtemps, j'avais adoréEn aparté un petit kdo empoisonné http://sachaguitry.canalblog.com/archives/2008/02/08/7883338.html